Bibliothèque de Glow

Le blog des livres de l’imaginaire, du fantastique, de la jeunesse, de la science-fiction, et de bien d’autres genres merveilleux encore !

La couleur de l’âme des anges – Tome 1

Classé dans : Fantastique,Litterature ado,Policier — 26 janvier, 2012 @ 1:59

Un récit brillant, envoûtant et surprenant à tout point de vue.

Premier roman pour adolescents écrit par Sophie Audouin-Mamikonian, l’auteur de la célèbre série jeunesse Tara Duncan, La couleur de l’âme des anges est également le premier titre de la collection R. Cette nouvelle collection créée par Robert Laffont est dirigée par Glenn Tavennec, ce dernier ayant fait ses armes chez Pocket pendant plus de six ans.
Ce roman est le premier tome d’une courte série qui en comptera deux.

Un monde parallèle au nôtre : celui des anges

New York, de nos jours. Nous suivons les pas de Jeremy, jeune prodige du monde la finance. Il à l’ avenir devant lui, l’argent, l’ambition sauf… qu’il vient de mourir dès la première page, décapité au katana par un fou. Quelques secondes plus tard, hébété, il voit son corps sans tête à ses pieds… Jeremy vient de pénétrer malgré lui dans le monde des anges, et c’est un univers haut en couleurs et en découvertes qui s’ouvre à lui…

Dès les premières pages l’écriture concise et percutante nous accapare et un nombre incalculable de questions dégringolent sur Jeremy et sur nous, lecteurs. Pourquoi a-t-il été tué ? Quel est donc cet univers parallèle qui s’ouvre à nos perceptions ? Comment Jeremy va-t-il gérer tous ces événements (son meurtre, son nouvel état…etc) ?
A peine arrivé dans ce que l’on peu appeler « le monde des anges », Jeremy se voit expliquer les règles de base par un ange très vieux qui résume en peu de mots les principes fondamentaux et fascinants de cet univers pour le moins déstabilisant.

Le monde des anges regroupe tous les êtres humains morts depuis la nuit des temps, soit environ plus de 80 milliards d’êtres humains ! Mais cette énorme population n’interfère pas avec le monde dit des « vivants », ils vivent dans les mêmes villes qu’eux, peuvent suivre tous leurs faits et gestes, mais ne font que traverser toutes les matières et personnes. Les anges sont sur un autre plan de réalité.

La couleur de l’âme des hommes, explications

Première règle chez les anges : se nourrir des humains, mais pas au sens propre. En fait, ce sont les sentiments humains qui nourrissent les anges en dégageant de « La Brume ». Selon leurs sentiments, elle peut être rouge pour la colère, bleue pour le bonheur, violet clair pour le bonheur…etc. Et surtout, au fil du temps un ange devient de la couleur de la Brume qu’il mange : ainsi un ange rouge est un être qui s’est nourri de Brume rouge durant de longues années, et ses sentiments sont plus tournés vers la violence que pour un ange bleu, qui lui se nourrit de sentiments positifs.
D’où le titre du roman autour duquel tourne toute l’intrigue, cette fameuse couleur d’âme détermine les penchants de chacun, mais aussi son âge (plus la couleur de l’ange est foncée, plus celui-ci est âgé).

Vous l’aurez compris, l’univers développé par Sophie Audouin-Mamikonian est loin d’être effleuré, chaque nouveau chapitre nous fait découvrir les très nombreuses et fascinantes subtilités de son univers. A la fois original, magique, mais aussi effroyable par certains aspects.

Une méditation sur le bien et le mal, une réflexion sur la notion de moralité

Outre l’intrigue extrêmement remarquable, la question de la moralité et du libre arbitre est ici prépondérante.
Peut-on jouer avec les sentiments des autres en toute impunité ? Jusqu’où peut-on considérer que nous sommes libres ? Où s’arrête le bien, où commence le mal ? Et par extension, peut-on faire du mal pour engendrer du bien à une plus grande échelle ?

Au travers de l’histoire de Jeremy, c’est donc de nombreuses questions d’ordre moral qui sont ainsi soulevées, sans jamais donner la « bonne » réponse, si il y en a une. C’est une approche intéressante et un moment de réflexion que nous offre ici l’auteur, à nous de nous faire notre propre avis sur ces principes…

Des personnages hauts en couleurs

Bien que Jeremy soit le personnage principal, d’autres individus ont eux aussi une place de choix dans l’intrigue, laissant le lecteur dans le flou le plus total quand à leur importance.
La psychologie de chacun est assez ambivalente, trompeuse, donnant une vision parfois biaisée de l’histoire, ce qui ne fait qu’ajouter au suspense et à l’angoisse qui va crescendo dans l’histoire. Et franchement, c’est appréciable de ne pas toujours savoir où l’on veut nous emmener.

Il y a tout de même un petit point noir à cette chronique concernant les caractères de certains personnages. Ils sont parfois « sur-joués », trop emplis de bons sentiments au point que ça en devient ruisselant d’amour et de bonté. Hormis ce défaut, La couleur de l’âme des anges fait un quasi sans faute.

Vous l’aurez compris, cet ouvrage est une très belle surprise de début d’année. Mêlant intelligemment suspense, psychologie, sciences et amour… A lire dès l’âge de 15 ans, pas avant pour cause de scènes assez sensuelles tout de même.
Affaire à suivre avec le second opus, mais sachez que vous pouvez lire uniquement ce tome, où l’histoire se finit sans obliger le lecteur à se procurer absolument la suite. Appréciable, non ?

9.5/10

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La balade de Yaya – tome 3 – Le cirque

Classé dans : Albums enfants,Bande Dessinee,Histoire,Jeunesse,Litterature Jeunesse — 24 janvier, 2012 @ 11:58

Pour de nouvelles aventures… bien loin de Shangaï.

Paru en novembre dernier, voici le troisième tome de la série la balade de Yaya, qui en comptera 9 au total. Jean-Marie Omont est toujours au scénario, et Golo Zhao au dessin.

Au revoir Shangaï… bonjour l’aventure !

A la fin du second tome, Yaya et Tuduo ont malheureusement dû quitter la ville de Shangaï plus vite que prévu. C’est ainsi qu’avec rien d’autre sur eux que leurs propres vêtements, les jeunes enfants vont se retrouver dans la roulotte d’un cirque itinérant : le petit cirque de Fuzhou. Livrés à eux-mêmes, ils vont être « adoptés » par les gens du cirque avec lesquels ils vont finir par instaurer une relation de confiance.
Mais tout ne peux pas être aussi simple, et Yaya et Tuduo ont encore beaucoup d’épreuves (outre la guerre déchirant le pays) à surmonter… dont certains fantômes du passé…

Toujours aussi plaisant et efficace

Le troisième tome de la série poursuit efficacement une intrigue basée sur la rencontre de nos protagonistes principaux avec de nouveaux personnages.
Les sentiments humains sont toujours au cœur de l’histoire, ce sont d’ailleurs eux qui font de la balade de Yaya une telle suite de péripéties et d’aventures.

Nous quittons la ville de Shangaï pour partir à la rencontre de la Chine beaucoup plus rurale, plus humaine également (où l’entraide est un moyen évident pour survivre). Il est très plaisant de voir ces beaux paysages tout en couleurs défiler sous nos yeux. Qu’ils soient de nuit ou sous la pluie, Golo Zhao arrive toujours à faire ressortir la beauté d’un paysage ou d’une ville.
De plus, de nouveaux personnages vont faire leur entrée dans l’histoire, dont certains très attachants…

L’intrigue avance peu, même si l’on apprécie un peu plus à chaque page l’étonnante et indéfectible loyauté de Tuduo envers une Yaya on ne peu plus têtue.
Honnêtement, on aurait apprécié un peu plus d’action dans ce troisième tome qui nous donne la légère impression de tourner un peu en rond. Mais il s’agit avant tout d’un ouvrage pour la jeunesse, alors je pense que le public auquel cet ouvrage est destiné y trouvera son compte d’aventure et de suspense.

Un bon troisième tome en somme, mais qui s’essouffle légèrement selon moi. Affaire à suivre quoi qu’il arrive avec le quatrième tome de la série qui sortira le 17 février 2012 avec un titre fort mystérieux : L’île.

7/10

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La balade de Yaya – tome 2 – La prisonnière

Classé dans : Albums enfants,Bande Dessinee,Histoire,Jeunesse — 22 janvier, 2012 @ 11:54

L’aventure de nos deux héros à Shangaï continue, pour le meilleur…et pour le pire…

Second tome de la série pour la jeunesse écrite par un scénariste français (Jean-Marie Omont) et dessinée par un artiste chinois (Golo Zhao), la balade de Yaya se poursuit là où nous avions laissés nos deux jeunes protagonistes, bien mal en point…

Prisonniers d’un exploiteur d’enfants…

Yaya a été faire prisonnière par le même exploiteur d’enfant qui tenait déjà Tuduo sous son joug. L’homme vil et cupide ne voit que des côtés positifs à la guerre… c’est l’occasion pour lui de « recruter » de nouveaux enfants perdus comme Yaya.
Mais le jeune duo n’a pas dit son dernier mot et va tout tenter pour retrouver les parents de Yaya, le dernier espoir pour la jeune fille pour retrouver sa vie d’avant et la seule échappatoire de Tuduo pour échapper à sa terrible situation…

La suite des aventures de Yaya et Tuduo

Encore une fois, ont se laisse totalement prendre par l’intrigue simple mais accaparante de la série. De malchances en mésaventures, les deux enfants n’ont pas fini de lutter pour accomplir leur quête.
Cette seconde partie se déroule toujours dans la ville de Shangaï, lieu où se trouve la maison de Yaya. On y découvre une ville remplie à la fois d’injustices criantes et de bonté.
Dans cette série, le côté humain passe avant tout. On y découvre aussi bien l’homme opportuniste que l’être qui donne sans rien attendre en retour. Et chaque nouvelle rencontre que font les enfants fait craindre pour leur sécurité, ne sachant jamais s’ils sont tombés sur une bonne personne ou non… en somme, une illustration très juste de la vie.

Notons tout de même la très légère pointe de fantastique que possède cette série : Yaya sait parler avec les animaux. Ce pouvoir étrange se révèlera fortement utile dans certaines situations périlleuses.

Enfin il convient de parler du graphisme de l’ouvrage. Le trait de Golo Zhao est toujours aussi réussi. Rendant ses personnages vivants, attachants.
Toujours aussi bien travaillées, les couleurs sont vivantes, éclatantes. Tantôt tristes et lugubres, tantôt lumineuses et pétillantes, les teintes qui dominent les différentes parties de l’ouvrage sont un magnifique reflet de l’histoire elle-même.

Ludique, intelligente, pétillante, ce second opus confirme ce que l’on pressentait déjà dans le premier tome… Yaya est une petite perle ! Prochaine chronique avec le troisième tome de la balade de Yaya aux éditions Fei : Le cirque.

8/10

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La balade de Yaya – tome 1 – La fugue

Classé dans : Albums enfants,Bande Dessinee,Histoire,Jeunesse,Litterature Jeunesse — 21 janvier, 2012 @ 9:09

Le début d’une très belle épopée

Publié aux éditions Fei en janvier 2011, La balade de Yaya est une petite série pour la jeunesse qui nous conte l’histoire de la petite et capricieuse Yaya et du jeune Tuduo. Tous deux vont devoir fuir la ville de Shangaï à cause de la guerre sino-japonaise qui sévit.

Le scénario est signé par Jean-Marie Omont, un français ; tandis que le dessin est réalisé par Golo Zhao, un chinois. Ils travaillent majoritairement par le biais d’internet et ne se sont en fait vus que très rarement. Quoi qu’il en soit, ce travail à distance est très bien réussi et nous plonge dans l’ambiance si particulière de la Chine du XXème siècle.
La série est prévue en 9 tomes, et un projet d’adaptation en dessin-animé (le graphisme s’y prête beaucoup) est également en cours.

Chine, Shangaï, 1937

Dans le quartier français de Shangaï vivent Yaya et sa famille. Ils se préparent à quitter la ville pour fuir l’invasion Japonaise. Mais la jeune petite Yaya n’a aucune idée des problèmes que la guerre engendre, tout ce qu’elle voit, c’est son concours de piano qui a lieu demain au Conservatoire. Elle ne veut le rater sous aucun prétexte, se préparant depuis des mois, son rêve le plus cher étant d’être une grande pianiste.

Ainsi, toute la famille de Yaya se prépare au départ pour Hong-Kong. Le contexte étant d’autant plus difficile que la maman de Yaya attend un petit frère.
Mais durant le matin du départ, Yaya décide passer outre l’autorité de ses parents et de partir toute seule à son concours de piano. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’était les bombardements et la destruction du Conservatoire… ainsi commencent les aventures et la balade de Yaya.

Une histoire séduisante et originale à une période méconnue

Cette bande-dessinée pour la jeunesse possède de nombreux points intéressants à explorer avec des enfants dès l’âge de 8-9 ans.
Premièrement, le thème de la guerre, rarement utilisé pour cette cible d’âge et qui apporte une nouvelle vision de la vie aux enfants, le tout sous un angle simple, ludique, très loin d’être sinistre. On y découvre ainsi la guerre sino-japonaise et ses influences sur le peuple chinois.
Ce choix de sujet ne doit freiner en rien les parents qui pourraient êtres sceptiques quand à parler de la guerre à leur enfants ; il ne faut pas oublier que nombres d’œuvres incontournables de la jeunesse traitent elles aussi de sujets difficiles : Sans famille d’Hector Malot (orphelin, pauvreté), Une petite princesse de Burnett (pauvreté, mauvais traitements) et une foule d’autres encore.

Outre le côté historique et un brin éducatif, la balade de Yaya a le mérite d’être une aventure effrénée qui permet au jeune lecteur de vite se plonger dans l’intrigue. Pas de temps mort, on saute de péripéties en péripéties avec Yaya pour le meilleur et pour le pire…

Enfin, le graphisme de cette bd est tout a fait charmant, un brin innocent (paradoxalement à la thématique de la guerre). On ne peut s’empêcher de songer à la patte de Miyazaki en voyant le visage rond et poupin des jeunes héros de l’histoire.

Pour conclure, ce premier tome introductif nous permet de découvrir un monde très réaliste, empli à la fois de bonté pure et de cruauté. Parfait pour faire découvrir d’autres horizons aux jeunes enfants tout en restant proche de notre histoire mondiale et humaine.
Chroniques à suivre pour les tomes suivants.

9/10

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Noche – D. Gray-man illustrations

Classé dans : Bande Dessinee,Japon,Mangas — 19 janvier, 2012 @ 10:58

Un très beau recueil de planches sur la série éponyme

Paru à la fin du mois de novembre, voici Noche : un très beau-livre d’illustrations du manga D. Gray-man créé par la japonaise Katsura Hoshino. Cet artbook paru aux éditions Glénat, nous offre ici de très belles planches d’illustrations en couleur et quelques petits plus en fin du volume…

Un beau-livre pour les fans de la série

Autant le dire tout de suite, cet ouvrage est réservé à des lecteurs déjà connaisseurs de la série et qui souhaitent avoir un complément aux mangas déjà parus.

Vous y trouverez de très nombreuses et magnifiques illustrations en couleur, la plupart étant tirées des couvertures du magazine Shonen Jump (hebdomadaire japonais permettant à de jeunes auteurs de manga de faire leur débuts sur la scène éditoriale, de nombreux best-seller ont étés lancés par ce magazine comme par exemple Dragon Ball).

Outre les couvertures de mangas et de magazines, vous trouverez également des illustrations complètement inédites. La grande majorité des dessins sont faits à la main, mais certains ont étés créés par ordinateur, ce qui donne un effet très différent de d’habitude mais qui reste très intéressant.
Il y a aussi quelques dessins réalisés en collaboration avec des clins d’œil notamment à Naruto, ou encore One Piece.

A la fin de l’ouvrage (qui se lit de droite à gauche, comme un manga) vous trouverez l’avis de Katsura Hoshiro sur chacune de ses illustrations. Elle y explique la technique qu’elle a employé, les feutres qu’elle a utilisé, son état d’esprit lors de la réalisation, ou encore à quelle occasion elle a été faite et son ressenti post-réalisation.

Enfin, une interview de Katsura Hoshino faisant plusieurs pages nous est offerte. On en apprend un peu plus sur cette mangaka passionnée issue du monde de l’animation.
Elle est interviewée par l’une de ses idoles et référence : Osamu Akimoto, le père du célèbre manga Kochikame dont le héros à la caractéristique de posséder de très gros sourcils (série maintenant ancienne et moins connue du jeune public, mais qui est toujours publiée actuellement dans Shonen Jump, plus de trente années après ses débuts).

Cet échange entre la « novice » et le maître nous permet d’entrer dans l’intimité et les secrets de fabrication de ces mangas qui passionnent autant. On ne comprend pas toujours comment la magie opère, et encore moins comment elle est créée, mais cette rencontre nous permet de toucher du doigt la pensée de cette jeune japonaise (elle a seulement 31 ans, et rencontre un immense succès depuis plus de 5 ans déjà).
D’interview, on passe à un dialogue qui en dit long sur la fascination qu’on les deux auteurs l’un pour l’autre. La personne simple et réservée de Katsura Hoshino n’aura pas fini de fasciner à la fin de cet échange pour le moins instructif.

En somme Noche est un très bel ouvrage tout indiqué pour un passionné de la série, à obtenir d’urgence !

Chronique réalisée pour le site ActuSF

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8/10

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Precious (Push)

Classé dans : Non classé — 16 janvier, 2012 @ 10:46

Un roman coup-de-poing à lire pour espérer, s’émouvoir, se révolter

Écrit en 1996, seul et unique roman de la noire-américaine Sapphire traduit en France, Push (renommé Precious lors de la sortie du film-cf vidéo ci-dessous) nous conte l’histoire de Precious, une jeune fille enceinte pour la seconde fois de son père, qui a abusé d’elle. Ce livre est son histoire, sa lutte pour sortir la tête hors de l’eau.
Push a rencontré un tel succès qu’il a été adapté au cinéma en 2009 et renommé sous le nom de Precious (voir la bande-annonce en fin d’article), pour ne pas apporter de confusion avec le film de science-fiction Push, sorti la même année. L’adaptation a d’ailleurs remporté deux oscars, celui de la meilleure actrice et celui du meilleur scénario.
Sapphire, auteur qui suit les trace de Toni Morrison, est une figure de la littérature noire-américaine engagée et féministe, elle vient de sortir un nouvel ouvrage aux Etat-Unis, qui se nomme The Kid.

Un récit qui prend aux tripes

Harlem : Precious Jones est enceinte, de son père. Sa mère, elle, considère que sa fille ne peut s’en prendre qu’à elle-même si elle est dans cette situation, sa fille lui a volé son mari, selon elle.
Battue, méprisée, maltraitée, Precious (prénom on ne peut plus paradoxal et cruel) est sollicitée par les services sociaux. Elle refuse de se rendre dans ces classes spécialisées pour « les filles comme elle », qui n’ont pas eu non plus de chance dans la vie, pas de famille pour les soutenir, les écouter. Mais sa rencontre avec la professeur Mrs Avers va changer la donne, Precious va découvrir cette envie qui lui faisait aussi cruellement défaut.
Et c’est la découverte d’un tout autre monde qui d’ouvre à elle : Precious se rend alors compte qu’elle peut prendre son destin en main, s’en sortit, subvenir à ses besoins et à ceux du bébé déjà né, ainsi que celui à venir.

L’écriture de Precious est très mauvaise, c’est normal, elle sait à peine lire et écrire, et c’est aussi cette faiblesse dans l’expression qui rend son témoignage si touchant, qui prend littéralement aux tripes.

Chaque scène brutale ne peut nous empêcher de nous perdre dans ce personnage bouleversant, criant de vérité. Les intérêts de Precious prennent tellement à parti le lecteur qu’il est ardu de se détacher de son personnage, de se dissocier d’elle et de son vécu.
Push se lit d’une traite, magnifique, mais très dur, certaines scènes de violence ne rendent pas ce livre accessible avant l’âge de 15-16 ans, mais il fait partie des indispensables.

Sapphire nous offre ici un portrait terrible de la société américaine vis-à-vis de la population noire et de son exclusion, il reste encore beaucoup de choses à faire. Et je suis convaincue que c’est avec ce genre d’œuvre que l’on peut changer les mentalités, le regard des autres.

Pour ceux qui souhaitent découvrir d’autres ouvrages du même genre qui font avancer et réfléchir, il y a L’œil le plus bleu de Toni Morrison (aux éditions 10/18) ou encore La couleur pourpre de Alice Walker (éditions Pavillon Poche), ou encore Racines, de Alex Haley (éditions J’ai Lu) pour retourner aux origines de la condition noire.

Un roman coup-de-cœur et coup-de-poing de qualité, à lire d’urgence.

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9.5/10

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